
Nous avons tous déjà vu sur internet un chien qui parle. Que ce soit un petit bouledogue qui dit « I Love You » ou un husky qui semble dire
« Non » à son maître.
Mais est-ce qu’un chien peut aller plus loin dans la communication ?
On a tous entendu quelqu’un dire de son chien qu’il « ne lui manque que la parole ».
Et si le problème venait plutôt du fait que nous ne parlons et ne comprenons pas sa langue ?
A quoi sert la communication ?
Même si ça peut sembler stupide comme question, il est important de définir ce qu’est la communication.
On peut qualifier de communication, toutes transmissions d’informations entre deux individus.
Pour nous humains, la communication se fait principalement par la parole. Nous sommes d’ailleurs extrêmement doués pour l’exploiter au maximum puisque selon certains recensement il y aurait entre 3000 et 7000 langues vivantes et dialectes à la surface du globe.
Nous avons également réussi à développer des langages pour ceux d’entre nous qui étaient dépourvus de paroles.
Le langage des signes pour les sourds et muets. Dans une autre mesure nous pouvons également inclure le morse qui permet de communiquer sans parler.
N’oublions pas, également, l'écriture qui fut un tournant dans notre évolution. Et qui nous permet encore aujourd’hui de transmettre des information à des millions de personnes.
La communication peut prendre différentes formes mais le principe reste le même : transmettre une information.
Communication verbale et non-verbale
Lorsque l’on parle, on utilise un mode de communication dit « verbale ». La logique voudrait que si on communique par les gestes ce soit un langage « non-verbal ».
C’est le cas mais ce serait réducteur de ne qualifier de « non-verbale » que les gestes utilisés de manière volontaire pour s’exprimer.
Le langage non-verbal regroupe tous les mouvements et postures que nous adoptons au cours d’une conversation ou même d’une situation. Pour la majeure partie ils sont totalement involontaires et inconscients.
Ces mouvements (parfois infimes) sont la botte secrète des mentalistes et des séducteurs.
Pour schématiser, si vous savez « lire » le langage non-verbal, vous avez accès à ce que pense la personne en face de vous. Avec de l’entraînement nous pouvons être capable de comprendre ce que signifient les signaux non-verbaux et nous en servir.
Dans les séries policières, ils s’en servent pour savoir quand un suspect ment puisque « le corps ne ment pas ».
Le langage corporel est souvent inconscient et retransmet directement nos émotions et ressentis peu importe ce que dit notre bouche.
Essayez d’observer votre entourage lors des conversations pour vous rendre compte que vous pouvez avoir toutes les informations que vous souhaitez juste en regardant.
Une autre particularité du langage non-verbal est qu’il est constant.
Nous communiquons sans cesse sur notre état via notre corps. Que notre posture soit détendue ou au contraire crispée. nos mouvements sont saccadés et rapides ou au contraire lents et fluides.
Même d’infimes changements dans la tension musculaire
donnent des indications.
Le tout sans que nous ne nous en rendions compte.
Le rapport avec un chien qui parle ?
J’y viens.
Lorsque l’on pense à un chien qui parle, on l’imagine comme dans les dessins animés parler avec une voix tout à fait humaine et dans notre langue.
Mais les chiens ne sont pas des humains.
Même les grands primates, qui sont nos plus proches cousins, ne maîtrisent pas la parole. Et même avec un énorme entraînement, tous ne sont pas capables de communiquer via la langue des signes avec leur soigneur.
Sans les cordes vocales adaptées, impossible de parler.
Comment font-ils pour communiquer entre eux ?
Tout simplement via le langage non-verbal.
Certes, ce n’est pas le plus pratique pour faire des grands discours mais pour communiquer dans l’instant présent ça suffit amplement.
Grâce au langage corporel nous pouvons transmettre ce que nous ressentons. Savoir que les membres de notre groupe sont détendus et se sentent en sécurité nous aidera à nous calmer. Au contraire, s'ils sont en état d’alerte nous serons plus vigilants face à un danger.
Il en va de même pour les rapports sociaux. En fonction de leur comportement nous éviterons ceux qui se montrent trop brusques ou excités. A l’inverse nous nous rapprocherons de ceux qui sont calmes ou joueurs.
La communication chez les animaux est beaucoup plus simple que la nôtre. Chez eux, pas de superflus, on va directement à l’essentiel.
L'étude des jeunes chiots en train de jouer est particulièrement intéressante.
Les positions d’appels aux jeux sont très marquées (avant du chiot au sol et arrière train en l’air) et souvent accompagnées de sautillements.
Il arrive également que le jeu aille trop loin auquel cas vous pouvez observer un chien s’arrêter de jouer et tourner le dos à son camarade voir le bloquer avec son arrière train. La signification est claire « je ne veux plus jouer ».
De manière beaucoup plus subtile lorsqu’ils voudront signifier leur inconfort face au actions d’un congénère certains chien détourneront la tête.
C’est ce que l’on appelle des signaux d’évitements.
En règle générale, la communication chez le chien (comme chez les autres espèces) sert à prévenir/éviter ou résoudre les conflits éventuels.
En tant qu’humains nous avons tendance à tout ramener à nous par souci de simplicité.
Ainsi, pour beaucoup, la communication canine ne se résumerait qu’aux aboiements et grognements.
Ce serait comme de réduire la communication humaine aux exclamations de peur et de surprise.
Les vocalises servent plusieurs rôles notamment à dissuader une quelconque menace de continuer à avancer.
Ils servent également à signifier un inconfort. Si vous vous allongez sur un chien endormi et qu’il grogne c’est simplement pour vous signifier qu’il n'apprécie pas du tout la situation.
Ce qu’il faut savoir c’est que chez un chien normalement développé les vocalises seront souvent utilisées en dernier recours. Avant cela il utilisera tout son attirail d’attitude et de gestuel pour régler la situation sans en arriver à la confrontation.
Pour faire le parallèle avec nous, il va d’abord tenter de désamorcer le conflit en « discutant » (via le langage corporel) et s' il n'obtient pas de résultats, il passera à l’étape suivante, les vocalises.
Bien sûr toutes les formes de vocalisations ne sont pas pour menacer. Dans la plupart des cas, un aboiement signifie également un état d’excitation comme en plein milieu d’un jeu.
Nous avons également des aboiements de frustrations lorsqu’il se trouve face à une situation qu’il ne parvient pas à résoudre.
Par exemple quand sa balle est coincée sous un meuble et qu’il aboie contre ce dernier.
Faites tout de même attention avec les aboiements de frustration ou votre chien risque de prendre l’habitude que vous veniez à sa rescousse à chaque fois. Le risque est qu’il se mette à aboyer simplement pour vous faire réagir ou pour que vous vous occupiez de lui.
Apprenez-lui à se débrouiller tout seul comme un grand.
C’est plus sympa à vivre et votre chien ne vous aimera pas moins pour autant.
Peut-on vraiment se fier au non-verbal ?
La capacité à lire le langage non-verbal d’un animal est l’une des principales compétences d’un éducateur canin. Sans ça, un vrai travail de rééducation est impossible.
Si vous ne savez pas ce que pense le chien que vous travaillez, non seulement vous n’arriverez pas à comprendre et résoudre le problème mais vous risquez également de vous mettre inutilement en danger.
Comme je l’ai dis plus haut, le non-verbal est la forme de communication qui vient en premier et qui est la plus facile à déchiffrer pour évaluer une situation.
Si vous ne pouvez pas rapidement comprendre les réactions du chien et ce qu’il ressent sur le moment vous allez passer à côté de 80% des informations.
Bien entendu il faut également prendre ces informations avec parcimonie. Si votre chien baisse ou tourne la tête quand vous le caressez, ça ne veut pas dire qu’il ne vous aime pas.
Essayez de trouver une autre approche ou d’avoir des gestes plus calmes.
Le but n’est pas d’être un bisounours mais simplement de respecter le chien que vous avez en face de vous.
Lorsque je suis amené à travailler un chien présentant des troubles importants et un comportement pouvant être dangereux, je me fie toujours à ce qu’il transmet par sa gestuelle.
Respecter les limites du chien permet de gagner sa confiance et de l’aider à se détendre. Par la suite, il devient plus aisé de travailler certains problèmes avec « l’aide » du chien.
Si vous vous fiez à lui vous saurez quand il est bien dans une situation et quand il commence à ne plus gérer.
En faisant ça vous évitez ainsi la plupart des accidents et des blessures.
Comprendre son chien selon la situation
Comme pour la communication « humaine » (verbale), le sens des mots peut changer en fonction de la situation.
Il en va de même pour nos chiens.
En fonction de la situation dans laquelle ils sont les « mêmes signaux » n’auront pas forcément la même signification.
Par exemple : Lorsqu’il est confronté à une situation stressante comme un chien menaçant qui le poursuit, il aura les oreilles rabattues en arrière.
Mais lorsqu’il court avec ses copains, il est fort probable qu’il ait également les oreilles rabattues pendant sa course.
Le « comportement » est le même en apparence mais signifie deux états émotionnels différents.
Le premier est une réaction de peur tandis que le second est dû à l’excitation du jeu.
Mais pourquoi n’y a-t-il pas deux signaux distincts dans ce cas ?
Les deux sont causés par « la même chose » :
Le stress
L’un est « négatif » puisqu’il est provoqué par la peur d’un chien menaçant.
Le second est « positif » puisqu’il est provoqué par le jeu.
Bien que pour un stress positif on parle souvent d’excitation il est important de comprendre ceci :
L’excitation et le stress sont fondamentalement la même chose.
Il est donc important de bien prendre en compte la situation globale et pas seulement ce que le chien fait.
Bien comprendre son chien ne se limite pas à connaître quelques signaux de communication.
Il faut absolument prendre en compte le contexte ainsi que le passé et tempérament du chien pour pouvoir décrypter une situation.
La communication chez le chien (ou tout autre animal) est un point essentiel pour pouvoir comprendre ce qui se passe dans leur tête.
Pouvoir comprendre son animal permet de mieux réagir face à différentes situations.
Merci d'avoir lu jusqu'au bout !
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